Payer son lait: Un rapper parmi tant d'autres
Une voiture revampée roule sur la 4ieme Avenue. Un honnête citoyen marche sur le trottoir en sens inverse. Un des occupants de la bling-bling roulante se sort le torse par la fenêtre et effectue son grand cri de pimp: "sale pédé!!!". Malchance, le feu tombe au rouge et le conducteur immobilise son véhicule. L'honnête citoyen se dirige calmement vers la voiture. Le pimp remonte la fenêtre en vitesse, un peu mal à l'aise. (Il n'est pas facile de déféquer dans des culottes si basses, même assis). Toc-toc, fait le citoyen, est-ce que je peux te parler?
Vous comprenez bien que le pimp n'a pas baissé sa fenêtre. Il n'y avait nul besoin, à vrai dire: le marcheur savait qu'il venait de gagner. Un pimp venait de perdre la face devant un autre pimp, et cette anecdote allait le suivre tout au long de ses chills futurs, le confinant dans le rôle du rapper nain par excellence.
Il y a cela de merveilleux dans la confrérerie hip-hop: elle est identique à un four auto-nettoyant.
Le feu retourna au vert et la voiture partit en laissant sa signature fumante. Le citoyen regagna sont trottoir, ses pensées ayant vite décidé de plancher sur autre chose, la recette de poulet au carri du soir par exemple. Et moi, je passa la porte du dépanneur et paya mon lait.

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